Un soir de juin et dans l'intimité d'un appartement bordelais Yann Tambour dévoilait devant un public hypnotisé les compositions intemporelles de son nouveau projet solo, THEE, STRANDED HORSE. Plusieurs semaines avant cette date, on écoutait en boucle ces cordes tendues (kora, guitare), ce chant tantôt grave, tantôt nasal, cette épure où les silences parlent tant. On était persuadé vouloir accompagner la grâce infinie de ces mélodies, on se savait pas encore qu'on irait aussi loin.
Yann Tambour apparaît dans le paysage musical français à l’orée des années 2000 à l’occasion d’un premier 45 tours instrumental (Active Suspension 2000), suivi par un album éponyme de son projet ENCRE (Clapping Music 2001) : un univers singulier et intransigeant, sombre et très souvent intimiste, rencontre de samples, d’instruments électro-acoustiques, de guitare (sèche ou électrique) et de chant murmuré.
En 2004 paraît le second opus de ENCRE (« Flux ») puis parallèlement un maxi (« Marbres ») dont le morceau ‘Toumani Diabaté’, en hommage à un des maîtres de la kora, auteur notamment du somptueux "New Ancient String" enregistré en duo avec Ballaké Sissoko (Rykodisc, 1999): un premier tournant à ses compositions, annonciateur du projet futur, THEE, STRANDED HORSE (littéralement « Toi, cheval échoué »).
En à peine deux ans, Yann Encre s’est approprié la kora d’une manière non traditionnelle pour produire un folk en tout point lumineux, qui n’est pas sans rappeler le « finger-picking » de Mississippi John Hurt. Sur une voix chaude et sombre, Yann Tambour égraine des arpèges cristallins, et son entrelacement de cordes peint une nostalgie douce, riche en voyage mélodique. (Africultures.com, juin 2006, extraits).
Dans la foulée d’un premier 45t (3 titres) au tirage limité à 500 exemplaires (occasion pour Yann Tambour de croiser le chemin du Malien Ballaké Sissoko lors d'un entretien commun pour la revue Mouvement, puis lors de deux apparitions scéniques en duo à Dijon et à Paris), « Churning Strides », le premier long format de THEE, STRANDED HORSE jette des ponts entre les compositions folk de Tyrannosaurus Rex (‘Misty Mist’ vibrant hommage au projet pré-T-Rex de Marc Bolan, une œuvre psychédélique visionnaire, méconnue et trop peu citée par les aficionados du freak folk), les productions amples de Lee Hazelwood et la poésie de Léo Ferré, en une musique décharnée et universelle, qui s’étend du fleuve Niger jusqu’au Delta du Mississippi.
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