Mercredi
22 juin 2005 - La
Bobine
- Tarif
unique 5 euros - 20h30
Rageous
Gratoons
Nouvel album "Risipit totul"

10 ans déjà que Rageous Gratoons ballade sa musicalité,
son atypie et son militantisme sur scène comme sur disque.
10 ans que les Rageous n'en font qu'à leur tête. 10
ans que leur musique ne cesse d'évoluer au fil du temps,
des rencontres, des voyages et des combats. Concernés par
la vie de la cité, les membres du groupe militent pour les
sans-papiers et les sans-droits en général.
Poils à gratter culturels, ils offrent avec
Le Local du CLAV, une alternative, un lieu de diffusion et de répétition.
Musiciens accomplis, ils évoluent en parallèle dans
d'autres formations : l'ASPO qui revient aux sources du ska jamaïcain
; la Cie Mohein qui revisite la musique traditionnelle de la mer
noire à la Méditerranée.
Aussi en 2001, lorsque paraît le troisième
album, personne ne s'étonne de l'incroyable palette musicale
du groupe. Alors que sa chanson guinche bien trempée s'est
définitivement perdue au passage du nouveau millénaire,
l'intronisation d'instruments traditionnels et d'influences musicales
de l'Est viennent signer sa Renaissance. Sobrement intitulé
"Rageous Gratoons", le disque sonne au plus près
de l'humain, des émotions et des convictions, telle une fusion
ethnique, une célébration des peuples, des cultures
et de la terre. La musique est un combat, le combat se fait en musique
!
En 2005, avec "Risipit totul" (tout consumé),
la désorientation musicale est toujours d'actualité,
et s'accompagne d'une démarche militante, au côté
du réseau Sortir du Nucléaire. Un concept jusqu'au-boutiste
dans l'utilisation de l'image, puisque l'on retrouve la question
du nucléaire évoquée par la pochette et parmi
d'autres maux et catastrophes écologiques, dans "El
Circo", clip d'animation signé Le Ratelier.
Mais qui dit nouvel album, dit avant tout musique.
Sur ce quatrième opus, les Rageous poussent encore plus loin
leur art du mariage improbable, entre musiques des villes et musiques
des champs. Dans cette fusion bouillonnante, les influences de l'Est
trouvent forcément une place de choix avec le morceau titre
"Risipit totul", "Mefitheudon" et "Viata
mea", d'après un air traditionnel rom. Mais fuyant les
habitudes et la facilité, de nouvelles contrées sont
explorées. Ainsi, "Rastapopoulos" déambule
au son du sirtaki, puis ondule sur des sonorités orientales
que l'on retrouve sur "Jemali", chanson d'amour arabisante.
"Himba" célèbre ce peuple d'Afrique australe
amené à disparaître suite à l'inondation
de ses terres par un barrage. Curieusement, l'évocation se
fait dans des teintes celtes et nordiques. "Pennknivsmordaren"
enfonce le clou, pour revisiter un morceau traditionnel suédois.
Non loin de là, "Transylvanian lover" pourrait
sans mal illustrer un film muet qui reste à faire, où
Buster Keaton endosserait la panoplie de Nosferatu. Addition de
plusieurs ritournelles, "Arnold" dévoile une couleur
tango argentin dans les accords de l'accordéon forcément
nostalgique, tandis que "La nozze del wawash" affiche
un caractère bucolique et champêtre...
Du Rageous Gratoons pur jus, puisque de bout en bout,
"Risipit totul" respire le nomadisme, tandis qu'engagement,
tendresse, mélancolie, colère, humour et même
amour aiguisent les sens !
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