H-BURNS, LA TOUCHE AMÉRICAINE
L’apparition de H-Burns est une bonne nouvelle pour le folk français. Ou pour le folk tout court, tant son premier album, Songs from the Elecrtic Sky, semble dénué de tout ancrage régionaliste. La première écoute est déroutante. On imagine le bonhomme originaire d’un bled perdu de l’Oklahoma, affilié à la bande du label Secretly Canadian, tournant à longueur d’année dans les bars de Salt Lake City, Little Rock ou Paris, Tennessee.
On the Rhône again. Mais l’image est fausse, à moins de la rapprocher de la vallée du Rhône, ou Renaud Brustlein a grandi. Ses ballades rugueuses à la guitare déliée, chantant l’esprit des routes et des voies ferrées, concentrent quarante années de musique acoustique nord-américaine, de Johnny Cash à Jason Molina. A 26 ans, H-Burns a élaboré sa petite mythologie US. […]
Coup de projo. Le trousseau de légendes américaines qu’il cultive dans le confidence s’est recemment étoffée. Projectioniste dans un cinéma de quartier, Renand organise avec quelques amis des concerts dasn les bars du coin. La clique accueille Magnolia Electric Co, l’un des projets de Jason Molina, ce songwriter solaire qui gravite dans l’ombre de Will Oldham depuis une dizaine d’années. Un semblant d’amitié prend forme. Le lendemain alors que le groupe s’apprête à reprendre la route, les deux musiciens s’installent dans un café et jouent durant des heures. Le fan tient son moment d’anthologie à lui; “J’ai toujours aimé la musique de Molina, moins terriene que celle de Bonnie Prince Billy. C’est cet esprit que j’ai tenté de mettre dans l’album””.
Les onzes chansons enregistrées en deux jours dans un salon, d’une sincérité à toute épreuve, dépouillées et flottantes, inscrivent le jeune Français dans la lignée des maîtres à penser du folk français.”
- Bruno Masi / Libération (22 JUIN 2006)
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