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On le surnomme l’« homme aux doigts défoncés » tant il a les doigts abîmés à force de frapper sur les cordes de sa contrebasse.
Rafistolé avec du scotch ou customisé avec un cintre en fer, entre ses mains, son noble instrument devient une guitare pour punk unplugged, un sound system pour traveller sédentaire, un micro pour MC prophétique.
Après avoir passé les dix dernières années à jouer là où on ne l’attendait pas, il sort enfin un premier album. The Sweet Little Mother Fuckin’ Show devrait envoûter ceux qui, de Paris à Berlin, de Douarnenez à Saint-Denis, de Bruxelles à Genève, suivent les errances de ce héraut de l’underground.
Entouré de son gang (un saxophone, un hélicon, une batterie et un « bruitiste »), celui qui a fait de l’éphémère un art et de l’improvisation un genre, a réussi à graver sur disque les fantômes qui l’habitent sur scène.
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« Contrebarrissements », « rythmimiques », il oscille entre les comptines que lui chantaient sa grand-mère et le rock sombre d’Elvis, entre la tchache énervée du hip hop et les cuivres nostalgiques des fanfares roumaines, le beat hypnotique de la techno hard core et le dandysme éclairé des punks anglais…
Fantazio a choisi d’autoproduire ce premier disque. Une autoproduction qui n’est pas une nécessité, mais un choix. Il n’a démarché aucune maison de disques préférant boycotter les hypermarchés de la musique pour le circuit de distribution alternatif de Co-errances, dont il partage le goût pour les chemins de traverse.
Valérie Zerguine
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