promeneur se perd sans s’en apercevoir, bousculé par une galerie de personnages : momie dégingandée, contrebandier de hasard, avorteuse d’après-guerre, collégien boutonneux, danseuse de peep-show, girafes en pagaille...
Entre accents tsiganes et mélodies bringuebalantes, entre théâtre burlesque et poésie mordante, la tradition de la chanson s’évade vers des univers-éclairs indéfinissables...
Emmanuel Couratin : paroles, chant, guitare, accordéon, sanza
Eric Recordier : contrebasse, violoncelle
Nicolas Hochart : clarinette si b, accordéon, saxophone soprano, carillon
Fred Garrone : batterie, trompette, guitares
Malgré des signes extérieurs évidents (pochette, instruments), ce disque ne s'inscrit en rien dans la lignée de la "nouvelle" chanson. Malgré le ton gouailleur, il ne s'agit pas ici de chansons de zinc maintes fois jouées. Le verbe est malin et fiévreux, contant avec humour noir et habileté des histoires atroces et pourtant communes. Véritable labyrinthe sémantique, les textes proposent divers angles de lecture et font aussi bien rire que réfléchir. La musique est inventive et éclectique, empruntant les codes de la java, du jazz ou du rock sans jamais s'y arrêter. Furie free ou berceuses étranges; on navigue entre le meilleur des Têtes Raides ou Yann Tiersen des débuts. Sauf que nos larrons n'oublient pas d'être originaux, contrairement à la pleïade de pâles copies qu'on a vu déferler ces temps-ci. On sent plus Bazarnaüm du côté des musiques improvisées ou du slam, dont ils se rapprochent par leur liberté de ton.
Rafael Aragon. longueurs d’ondes